
Le week-end s’est passé sans accro ; j’ai dormi deux fois treize heures, c’est beaucoup trop. Le pire, c’est que plus on dort, plus on a envie de dormir.
Je commence à prendre mes marques, et à en faire aussi. Mes empreintes digitales se posent sur les bols, les poignées de portes et de tiroirs, et dessinent des mouvements qui deviendront très vite routiniers. J’ai également fait mes premiers pas du côté de la machine à laver, et j’ai découvert – à ma grande stupeur – que les japonais ne lavent pas leur linge avec de l’eau chaude… n’est-ce pas bizarre ? Bref, un peu la galère pour faire ma première lessive, mais rien de très grave.
Comme parfois le destin prend un tournant aussi incongru qu’une machine à laver n’utilisant que de l’eau glacée, je me retrouve à principalement parler à Takao. On sort manger ensemble, ce matin on a fait nos courses ensemble, et cet après-midi, on est passé à l’étape suivante ; msn.
Msn est tout de même une invention géniale ; elle permet d’exprimer en pixels ce qu’il n’est pas évident de prononcer en mots, ou, pire, en phrases. Mieux encore, msn rend possible un tas d’autres interactions, comme l’échange de musiques par exemple. C’est ainsi que Takao m’envoie des chansons merveilleuses, de ces morceaux qui me feraient fondre s’ils parvenaient de quelqu’un dont je pouvais espérer quelque chose, et, comme ce n’est pas le cas, c’est super bizarre. Il n’y a qu’à écouter les paroles, toutes sont d’une ambiguïté frôlant la mauvaise blague.
Le pire est atteint quand Takao m’envoie un lien vers l’image du début de l’article. C’est lui, il y a quatre ans. Bien sûr, il n’est plus aussi fashionisté que sur la photo, mais on le reconnaît quand même. Je ne sais pas trop quoi dire, j’hésite à lui demander pourquoi il m’a montré cette photo de lui (et je tiens à le préciser ; je n’ai rien demandé, hein), et au lieu de ça, je lui écris que maintenant, je suis encore plus contrarié qu’avant qu’il ne soit pas gay, et j’ajoute, histoire d’aggraver mon cas, que ce n’est pas grave, qu’il n’est pas le premier.
Là, il me demande ce que ça veut dire, ne pas être le premier, et, alors que je lui réponds, internet se coupe. Non mais j’ai quand même pas de pot…
Quand internet se réinitialise, je n’ose pas savoir s’il a reçu ma réponse ou pas, qui de toute façon était un peu embarrassante.
Comme quoi, le Japon casse mes convictions les unes après les autres ; j’étais certain qu’msn était mon allié, je n’en suis plus aussi sûr maintenant. Il va néanmoins me falloir régler ça, et face à face…
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