mercredi 9 janvier 2008

Premiers pas

Et bonjour l’Asie. Encore à moitié dans les limbes du sommeil, je relève ce qui cache le hublot pour être émerveillé par une myriade de montagnes, comme autant d’épines hérissant la surface de la Terre, sillonnées par un fleuve serpentin. On survole l’est de la Russie ; aucune trace de civilisation n’est observable. Vu d’en haut, il n’y a que de la terre et de l’eau.

C’est vraiment superbe, d’autant plus qu’il n’y a aucun nuage. Il est 14 heures au Japon, huit heures de moins en France.

A 16 heures – deux heures en retard – on atterrit, et je me retrouve sans trop d’encombre avec ma valise et mon passeport tamponné dans le hall de l’aéroport. Mission suivante, prendre le train pour Tokyo, parce que Narita est un peu à l’extérieur de la ville. Je sais pas pourquoi j’ai besoin de préciser, c’est un peu le cas de tous les aéroports, sauf celui de Londres qui permet aux avions de se poser sur la Tamise… bref je m’égare. Donc une charmante japonaise m’aide à prendre mes tickets, et me voilà parti. Le seul souci qui me reste, c’est de prévenir mon responsable que j’arriverai en retard à Nagoya.

Ah, et il faut que je vous dise le premier truc qui m’a choqué à propos des Japonais. J’en ai vu porter ce genre de masque chirurgical en tissus blanc qui recouvre la partie inférieure du visage. Ils le portent en permanence, et à tout âge. Au bout du quatrième, je me suis dit que si on en vient à craindre l’air ambiant au point d’avoir à se protéger constamment, faut quand même se demander si la vie vaut la peine d’être vécue…

Dans le train, je trouve un téléphone vert à cartes. J’ai un numéro de téléphone avec des +, des -, des (), ça frôle l’ésotérisme. Et vous qui vous demandez, chers lecteurices aux stéréotypes moribonds, si les Japonais parlent ou pas l’anglais, la réponse est « pas dans le train 69 (haha) direction Nagoya ». J’ai demandé à un monsieur un peu louche qui tapotait suspicieusement sur son portable de m’indiquer ce que je devais composer, il me répond avec un geste circulaire indiquant le couloir du compartiment suivant. C’est pas gagné…

Finalement je trouve de l’aide, et je compose le numéro salvateur. Ca sonne, et une voix aigüe me répond. J’ai une phrase toute faite, je la lis avec autant de prestance que me le permet ma langue insensibilisée par mon opération (des dents de sagesse, pour ne pas les citer). Mon interlocuteur me répond avec l’ardeur d’un junkie sous héroïne qu’il a compris, que quelqu’un viendra me récupérer à la gare de Nagoya à 20 heures. Je raccroche sans grande conviction, ce sera la surprise…

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