Gni, je ne poste pas assez sur ce blog. Enfin bon, mieux vaut la qualité que la quantité, non ?
Les péripéties reprennent avec une nouvelle étape atteinte sur le sol nippon ; celle de la première cuite. Comme certains le savent, mes beuveries sont équivalent à un tremblement de terre force 7 sur l’échelle des malheurs du pauvre petit Richter. Cette fois-ci n’aura pas fait exception à la règle en métal sur laquelle j’avais pris l’habitude d’écrire soigneusement mes feuilles de pompe au collège.
Bref, samedi dernier, l’étrange envie nous prend de sortir. On va à un restau où tout est à volonté pour 3000 yens (autant la bouffe que l’alcool, bien que ma préférence première soit pour le second). Autant vous dire qu’après ça, mon taux d’alcoolémie aurait fait pâlir tout bon ivrogne qui se tient chancelant à la buvette du coin. J’arrive tant bien que mal à chausser mes converses ; elles sont un peu comme une capote trop petite ; pas facile à enfiler à la base, et la manœuvre devient carrément casse-gueule avec une cafetière pleine de tout sauf du café. Je ne le répèterai jamais assez, mais les mélanges, c’est mal.
Et là, je soupçonne quand même une manigance vicieuse de mes colocs, qui décident de prolonger la soirée à ID. Et à ID, on boit le fameux thé glacé de la trop connue Long Island…
Autant vous dire qu’en trente minutes, je sens ma limite atteinte, illustrée ci-dessous.
J’étais aux alentours de la ligne violette durant une bonne partie de la soirée, mais soudain, mon corps se met à se révolter comme toute cette débauche et atteint sans prévenir la ligne rouge. J’ai à peine le temps d’envoyer un sms d’aide à la syntaxe superbement douteuse à Takao que je suis dans les toilettes à me vider de mon trop-plein de détresse. A partir de ce moment crucial, je ne sers plus à rien. Un peu comme l’appendicite, je suis juste là pour faire chier le monde. Dans ce contexte, je n’aurai d’autre utilité que celle de gâcher la soirée de mes potes.
Takao arrive. Dans un dernier geste de survie, je déverrouille la porte des toilettes, et dès que sa main se pose sur mon épaule, je lui délègue toute responsabilité sur ma pauvre personne dans une dernière cascade saumâtre se répandant en gerbes colorées sur la cuvette ruinée (qui aurait dit qu’un tel moment se prêterait au lyrisme ?).
Je vous épargne les détails sordides, mais il faut que vous sachiez que je me rappelle de tout, comme à chaque fois. C’est un peu comme si j’étais prisonnier d’un corps mou et tremblant, sans aucun contrôle sur ce qui se passe, c’est super chiant. Je comate doucement sur le trottoir, avec Takao qui me caresse le dos. J’ai même pas la force de rire à la pensée que c’est seulement dans des moments comme ça qu’il me montre de l’affection.
Le lendemain, j’ai mal aux cheveux, mais au moins, je me dis que de telles expériences ne peuvent que rapprocher les gens entre eux. A voir, dites-vous ? C’est en tout cas ce qui s’est passé avec la charmante jeune femme à gauche sur la photo de cette article, il y a bien longtemps… mais c’est une autre histoire !

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