Cette nuit m’a fait pensé à Malraux.
Il se trouve que pour la première fois depuis huit mois, une migraine s’est invitée chez moi, sans prévenir, avec la ferme intention de ne pas me faire oublier la nuit où septembre, épuisé du haut de ses trente jours, passe le relais à un octobre qui en a déjà marre de courir dans la pluie et les feuilles qui tombent.
A chaque fois que j’ai une migraine, c’est un peu comme un rappel à l’ordre. La dernière, c’était alors que je déprimais à cause de Taka, à quelques jours de mon anniversaire. Je ressemblais tellement au pauvre Titanic sombrant dans les abîmes humides et noires du désespoir, qu’une migraine s’est déclenchée. Histoire de me sauver du naufrage, en quelque sorte.
Même ritournelle, les éclairs devant les yeux, le cerveaux qui essaie tant bien que mal de reconstruire un champ de vision scarifié par des vaisseaux sanguins ayant relaché la pression trop rapidement. C’est tout bête une migraine ophtalmique, et c’est méchant, à l’image de la souffrance infligée. Et on ne peut que se demander si notre vision restera à jamais brouiller, ou si ça va s’arranger. Comble du malheur, je n’avais plus de paracétamol.
Entre deux et trois heures, alors que mon corps ne répondait qu’à la douleur du bruit et de la lumière, je n’avais plus que mes pensées en guise d’échappatoire.
Depuis quelques semaines, je joue un peu à l’autiste. Quand je suis chez moi, je glande, je procrastiné allègrement. La tâche est encore plus aisée maintenant que toutes les séries américaines sont enfin reconduites, je n’ai littéralement plus rien à faire dehors.
Les cours vous dites ? De la répétition, du Londres en sushisé, heureusement que Heidi est là pour éveiller ma fossette.
En fait, je dois admettre que Tokyo est un peu comme je l’ai laissé, mais en mieux. Moins d’ennui, plus de potes, plus de rebondissements, plus de boulot (je vais retravailler dans la même bar de Shinjuku !), et peut-être même un petit copain en vue (!!!).
Alors que je rentre de Shibuya, et que pour la première fois j’ai participé assisté à un empaquetage de gens dans le métro en heure de pointe et en bonne et due forme, je me remémore ce japonais qui m’a stoppé dans la rue pour me proposer de poser pour un magazine. Un sourire à la commissure, je ne peux que me dire qu’ils ont bien de l’humour, ces lanternes en crépon.
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