Deux tickets en quelques jours, faut que je me calme pour ne pas risquer de surcharger mon blog, c’est qu’il est pas habitué…
Ces derniers temps, j’ai l’humeur aérienne, l’humour capiteux, et je retrouve un charme à la caresse d’une page que parcourent à l’unisson un doigt et deux pupilles, et ça c’est bien. Presque fini le nouveau Amélie Nothomb à ce sujet, se pourrait-il que je commence enfin à consommer la pile de bouquins qui parfument mes vêtements à force d’être dans la penderie, ou est-ce l’inverse ?
La migraine a remit à l’heure ma pendule, même si ma montre m’a lâché entre temps. Penser à acheter une pile. De fringues, de bouquins, là est la question.
Le matin, je passe trente minutes dans le métro, le soir aussi à bien y songer. Et pendant cette demi-heure, je me mets à réfléchir. D’être dans un monde dont on ne fera jamais partie, entouré de robots aux yeux plissés, ça force à réfléchir en dehors des sentiers battus. Et au gré de ces balades, on en vient à se dire que l’amour, c’est un peu comme la cigarette ; ça comble le vide que ça crée. J’ai arrêté la cigarette, je me sens tellement mieux maintenant, mais qu’en est-il de l’amour ? Devrais-je m’en passer, pourrais-je m’en passer plutôt ? Est-ce une dépendance innée comme la nourriture et l’eau, ou alors un poison que l’on peut réprimer comme la nicotine ? Autant de questions que l’on n’aborde pas à l’école.
En parlant de ça, je sors de la station de métro Omotesando, et je me retrouve nez-à-nez avec des affiches de l’expo Tokyo Picasso, du 4 octobre au 14 décembre, Suntory Museum of Art, avec l’autoportrait bleuté où Pablo tire une tronche déconfite, et je me rappelle de la dissertation qu’un prof nous avait extorquée en seconde. A l’époque, du haut de notre friable connaissance, on se demandait bien ce qu’on pouvait en dire, on aurait limite intimé au prof de nous balancer ce qu’il voulait qu’on écrive, pour faciliter la tâche.
Aujourd’hui, le tableau n’a pas changé, mais moi si. On est tous des Dorian Gray inversés en fin de compte. De plus en plus l’image que me renvoie le miroir correspond à celle que j’ai au fond de moi. Je ne suis plus ce petit français qui s’imprégnait des notions de son pays à la façon que l’encre a de tacher les doigts. Qu’est-ce qu’il me reste de ces années gâchées ? Un sens de la patrie ? Un amour du français ? Un amour des Français ?
Pour éviter de me poser trop de questions dérangeantes sans matelas pour amortir des réponses trop douloureuses, je bosse, dans le bar qui m’a viré en juillet dernier, et qui m’a « forcé » à une retraite en Europe. Intriguant de voir à quelle vitesse le vent peut tourner pour semer des graines n’ayant pas eu le temps de germer. C’est ce que je suis, une graine de curiosité, de confusion qui, faute de s’être enracinée assez vite, se voit bercée par la brise là où l'on sent les points de repères s'abolir. Et, de toutes les questions que je me pose, la plus angoissante reste « Mais où vais-je m’arrêter ? ».
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire