lundi 24 novembre 2008

What Lies Within

En ce moment, j'écoute Creep en boucle, ça va pas. Dehors, la température ne dépasse plus les 9 degrés, ou de force. Splendide angine, les painkillers proscrits me plongent dans un bain d’indifférence. J’ai envie de perdre pieds, de m’y noyer. Quand on supprime la douleur, c’est tout le reste qui est anesthésié.

Dimanche soir, il y a eu CHURCH, belle soirée. J’ai menti à un gars. Un petit mensonge de rien du tout ; je lui ai dit que j’étais à moitié anglais. Maintenant il pense que j’ai grandit dans un milieu bilingue, et je me sens mal de lui avoué que ça n’a pas été exactement le cas. J’esquive ses questions, j’évite de le fixer pour mieux changer le sujet. Je peux entretenir le mensonge, ma prononciation ne me trahit pas, du moins pas dans une oreille française, mais l’idée d’être découvert me ronge.

Je ne sais pas d’où est parti ce désir d’écorcher les faits, de corrompre la réalité ; c’est pas comme si je n’aimais pas mon parcours, ou celui que je suis aujourd’hui. Il me dit que quand je parle français, ça se voit que je le suis, mais quand je suis silencieux, c’est un anglais qu’il observe. Où s’arrête le mensonge, où commence l’autosuggestion ?

J’ai parlé de A. à Heidi. Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas pensé à lui. Là où la plupart de mes amis m’ont conseillé de laisser tomber ce type, Heidi m’incite à la réflexion. Elle est dans le même cas que moi ; son copain n’a rien de spécial, mais il est le seul qui possède les pinceaux pour nuancer une vie qui sans lui serait bien trop terne. La seule différence, c’est que son peintre à elle lui est acquis. L’analogie de la situation est néanmoins flippante ; pourquoi moi aussi je ne pourrais pas poursuivre mon aquarelliste ? Etre aimé, et avoir aimé, mais jamais en même temps, est-ce une fatalité ? Du temps a passé, et maintenant plus que jamais, je vais pouvoir l’impressionner.

C’est décidé ; la semaine prochaine, je démantèle le mensonge pour mieux me réfugier dans mes songes.

mercredi 12 novembre 2008

Livide dans son lit vide


Expo Bernard Buffet à l’Atelier de Paris Tokyo jusqu’au 15 novembre

Aujourd’hui, il y a eu un feu à Omotesando. Évènement aussi rarissime que d’être pris en sandwich à Tokyo entre deux poussettes, une nuée d’hélicoptères survolait la zone sinistrée comme autant d’abeilles contrariées virevoltant autour de leur ruche enfumée. Ma classe se trouvait en apesanteur et donnait sur ce spectacle si déconcertant. Si on en parle aux infos, vous pourrez dire « Je connais un gars qui y était ».

A part ça, je dragouille un peu par-ci par-là, sans que ça n’aille au delà d’un baiser curieux ou d’une caresse frémissante d’espoir. Toujours une raison pour ne pas aller plus loin. L’un a les cheveux plus longs que les miens, les lèvres de l’autre sont craquelées et écorchent les miennes. Est-ce vraiment ma faute si les gens négligent le coiffeur ou le labello ? Ou alors je gamberge pour mieux me trouver une excuse afin d’étouffer le semblant de flirt dans l’œuf ? La vérité doit être autre part.

Je suis irrémédiablement attiré par Steven, l’américain comme on se l’imagine si bien, type capitaine d’american football, casier de vestiaire numéro 69, oui, celui-là même. On ne s’échange pas un mot, et je prends sur moi pour paraître le plus taciturne possible. Heureusement ne se rend-il pas compte que pendant les cours, je préfère lire au loin les lignes de ses mains plutôt que celles du tableau. Chaque homme qui a croisé mes lèvres m’a laissé un souvenir sous forme de faiblesse s’accumulant aux précédentes, et la cicatrice sur sa joue me rappelle le crush que j’avais en première. Ca n’aide pas à stigmatiser l’objet de mon attention.

Le climat capricieux du moment ne m’encourage pas à sortir ; je passe mes journées chez moi, à faire ce que je fais de mieux, l’observateur. Je mets à contribution mes nouvelles lunettes pour regarder le plus de films possibles, je lis aussi, et ne prends de stylo que pour tracer deux parenthèses autour de ma vie. La crise économique est propice à mon inspiration, qui semble se manifester de la même manière. Le pôle de la situation initiale a été touché hier, aujourd’hui celui de l’intrigue, demain sera – on l’espère tous – le tour des personnages. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut que je prenne mes impressions en considération ; il y aura sans le moindre doute un personnage asexuel dans le lot. Après tout, les gens ont été et sont toujours poursuivis dans 70 pays pour avoir des tendances sexuelles différentes de la norme, le futur est donc à ceux qui n’auront aucune sexualité. Ca ne m’empêche pas d’avoir froid la nuit, un frisson glacial que même deux couettes n’arrivent pas à contenir. 

mercredi 5 novembre 2008

Reaching for a star


Come out upon my seas

Cursed missed opportunities

Am I a part of the cure?

Or am I part of the disease?

 

L’année dernière pour Halloween, j’étais un vampire. Cette année, le chanteur de The Cure. Je doute que ce soit un progrès.

Sinon, la phrase de la semaine nous est gracieusement offerte par Heidi, qui, en parlant du fait que la population de la Chine et l’Inde réunie faisait un tier de la population mondiale, et que s’ils s’alliaient contre le reste de la planète ça pourrait être un problème, rétorqua : If they start doing shit, we just nuke the fuckers. Je ne pouvais qu’être d’accord.

Preuve que ma vie est tout à fait extraordinaire, aujourd’hui j’ai pris part à une audition pour devenir un mannequin (han l’autreuuu). Tout frétillant, je me suis rongé les sangs jusqu’à ce que Frank, mon contact, n’arrive. Bien sûr, je n’étais pas le seul à convoiter le job ; trois autres intrigants faisaient guise de compétition.

Au premier abord, le trio de branques ne payait pas de mine ; aucune conscience vestimentaire, je me suis dit que j’avais vraiment mes chances. Ils avaient cette typique beauté froide, aussi plate qu’une photo sur papier glacé. Je les devinais photogénique ; ils avaient cette ossature particulière que réfléchit si bien la lumière. Mais vraiment rien qui pourrait menacer mon intégrité (sic).

Frank papote un peu sur le chemin, il s’avère que les trois autres sont brésiliens, bien que leurs airs faussement ariens ne trahissent que trop clairement une descendance de réfugiers nazis du temps où ça partait en sucette du côté du troisième Reich.

On arrive à l’agence Renown, rien que ça, et c’est parti pour le neuvième étage. Là, une poignée de jap’s nous accueille, et nous fait patienter dans une salle aux murs aussi blancs que les faces immaculées de mes adversaires. L’attente est interminable, les gens se regardent le nombril, même Frank ne sait pas quoi faire pour rendre les secondes plus discrètes.

Là, je brise la glace, quand même, et demande d’où Frank vient. Il est d’Oxford, un compatriote en quelque sorte. La on taille la bavette pendant quelques instants, les trois autres  ayant l’adage Sois beau et ta gueule de toute évidence très à cœur.

Puis arrive le boss et sa troupe, avec tout un tas de fringues allant du costard au polo. On fait tous les quatre une tête de plus que le plus grand du lot, celui qui gagnera sera à n’en pas douter celui qui n’aura pas l’air de partir à la pêche aux moules après avoir mis leur pantalon. C’est là que j’ai compris que je n’avais aucune chance d’être choisi. Faut dire qu’après avoir enfilé des habits regardables, l’arien du Brésil a des airs de Gisele Bündchen version mec… comment voulez-vous que je ne passe pas pour une sous-loque ?

Ce fut tout de même une très bonne expérience, j’ai la défaite sereine, et la seule pensée d’avoir été opposé à des pros me titille la fossette. On sera sans doute plus chanceux la prochaine fois !