
Dans un pays aussi bridé socialement que physiquement, il est important de garder ses yeux ouverts sur les grands évènements et de filtrer les frivolités. Sauf en ce qui concerne la photo de l’article ; la cruauté graphique est telle que ça m’a fait rire, mais Heidi est restée de glace… question de perspective, sans doute.
Il y a un an, je venais d’aller au bal de ma petite sœur, dans la neige et le froid, et je m’apprêtais à perdre à la fois mes quatre dents de sagesse et la sensation de ma langue, expérience incroyable, je vous la recommande. Le temps reste immuable dans son fonctionnement et passe aussi vite en français, en allemand, ou en japonais, et je suis successivement passé par la fascination conférée par l’ignorance, puis l’affliction des premières désillusions, et finalement la résignation que les choses sont bien trop ancrées pour ne jamais pouvoir être modifiée.
J’ai la triste impression que le Japon, aux antipodes des Etats-Unis (qui n’est pas pour autant un pays que j’apprécie particulièrement), est terriblement dysfonctionnel. J’ai assisté à des scènes délirantes, absolument aberrantes de par les concepts sous-jacents. Des enfants de huit ans qui apprenant à se prosterner entre eux, les tabous sont aussi innombrables que les codes de convenance, si bien que la spontanéité est un concept banni, au même rend que l’amour.
A leur insu, les Japonais ont érigé un empire insulaire dont le régime se base sur la forme la plus redoutable et élaboré de dictature ; une nation empathique et silencieuse aux mécanismes si rodés que les étrangers méprenne leur douce hypocrisie pour de la politesse.
Sur les trottoirs, les gens marchent en ligne, prennent soin de se fondre dans un flot homogène et terriblement fade. Les individus n’ont rien d’individuel, ce sont plutôt des machines dont on aurait défalqué les neurones du libre arbitre à la naissance au profit d’une carte à puce bourrée d’instructions et de bonnes manières à appliquer sous peine d’être renié. Les Japonais sont soudés, et sacrifie tout esprit libre au profit d’une cohésion sociale paralysant l’innovation et l’avancée sociale.
Plus grave encore, le racisme alimenté par la peur des autres est ouvertement passé sous silence, mais soigneusement mis en pratique à la moindre occasion. Si l’on n’est pas japonais de sang, on ne sera ja-mais accepté comme un citoyen, peu importe les efforts que l’on fournirait pour s’intégrer. C’est un peu inacceptable, si vous voulez mon avis.
C’est sûr, les rues sont plus propres que chez moi. Rien sur le sol, pas de poubelles non plus dans les rues ; à croire qu’il suffirait de supprimer les poubelles pour assister à l’extinction des déchets. Pas de crime non plus, je ne me suis jamais senti autant en sécurité qu’ici, entouré des potes de Wall-E. Mais est-ce que la perfection urbaine vaut l’abandon de ce qui fait de nous des individus ?
Alors que je cherche mes mots, il m’est difficile d’exprimer à quel point c’est compliqué de décrire avec justesse ce grand pot-au-feu factuel et émotionnel qui a mis un an à s’étoffer, et dont les ingrédients ne cessent de s’ajouter. Ce qui s’en dégage est cependant une indéniable évidence ; l’Europe est mon continent, my home. S’il n’y avait qu’une chose à retenir de toute cette expérience, ce serait ça. Cette immense diversité sur une si petite échelle géographique, ces petites discordes qui font toute la richesse de ces pays, ce mélange de couleurs, de saveurs et d’anticonformisme, je me rends compte de la chance d’y avoir grandi.
En tout cas, il est temps de rentrer ; je ne peux plus supporter de vivre là où toutes mes valeurs sont méprisées. Europe, me revoilà (bientôt).
Il y a un an, je venais d’aller au bal de ma petite sœur, dans la neige et le froid, et je m’apprêtais à perdre à la fois mes quatre dents de sagesse et la sensation de ma langue, expérience incroyable, je vous la recommande. Le temps reste immuable dans son fonctionnement et passe aussi vite en français, en allemand, ou en japonais, et je suis successivement passé par la fascination conférée par l’ignorance, puis l’affliction des premières désillusions, et finalement la résignation que les choses sont bien trop ancrées pour ne jamais pouvoir être modifiée.
J’ai la triste impression que le Japon, aux antipodes des Etats-Unis (qui n’est pas pour autant un pays que j’apprécie particulièrement), est terriblement dysfonctionnel. J’ai assisté à des scènes délirantes, absolument aberrantes de par les concepts sous-jacents. Des enfants de huit ans qui apprenant à se prosterner entre eux, les tabous sont aussi innombrables que les codes de convenance, si bien que la spontanéité est un concept banni, au même rend que l’amour.
A leur insu, les Japonais ont érigé un empire insulaire dont le régime se base sur la forme la plus redoutable et élaboré de dictature ; une nation empathique et silencieuse aux mécanismes si rodés que les étrangers méprenne leur douce hypocrisie pour de la politesse.
Sur les trottoirs, les gens marchent en ligne, prennent soin de se fondre dans un flot homogène et terriblement fade. Les individus n’ont rien d’individuel, ce sont plutôt des machines dont on aurait défalqué les neurones du libre arbitre à la naissance au profit d’une carte à puce bourrée d’instructions et de bonnes manières à appliquer sous peine d’être renié. Les Japonais sont soudés, et sacrifie tout esprit libre au profit d’une cohésion sociale paralysant l’innovation et l’avancée sociale.
Plus grave encore, le racisme alimenté par la peur des autres est ouvertement passé sous silence, mais soigneusement mis en pratique à la moindre occasion. Si l’on n’est pas japonais de sang, on ne sera ja-mais accepté comme un citoyen, peu importe les efforts que l’on fournirait pour s’intégrer. C’est un peu inacceptable, si vous voulez mon avis.
C’est sûr, les rues sont plus propres que chez moi. Rien sur le sol, pas de poubelles non plus dans les rues ; à croire qu’il suffirait de supprimer les poubelles pour assister à l’extinction des déchets. Pas de crime non plus, je ne me suis jamais senti autant en sécurité qu’ici, entouré des potes de Wall-E. Mais est-ce que la perfection urbaine vaut l’abandon de ce qui fait de nous des individus ?
Alors que je cherche mes mots, il m’est difficile d’exprimer à quel point c’est compliqué de décrire avec justesse ce grand pot-au-feu factuel et émotionnel qui a mis un an à s’étoffer, et dont les ingrédients ne cessent de s’ajouter. Ce qui s’en dégage est cependant une indéniable évidence ; l’Europe est mon continent, my home. S’il n’y avait qu’une chose à retenir de toute cette expérience, ce serait ça. Cette immense diversité sur une si petite échelle géographique, ces petites discordes qui font toute la richesse de ces pays, ce mélange de couleurs, de saveurs et d’anticonformisme, je me rends compte de la chance d’y avoir grandi.
En tout cas, il est temps de rentrer ; je ne peux plus supporter de vivre là où toutes mes valeurs sont méprisées. Europe, me revoilà (bientôt).
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