
Paris, c’est fini, et ce soir, c’est un grand moment de contemplation béate comme on les déteste tant.
Il se trouve qu’une silhouette dont j’ai pratiquement – pratiquement, c’est bien le souci – oublié les sinuosités a trouvé l’idée gouteuse de surgir de mon passé, sans prévenir ni rien. Outre l’absence de politesse constatable qui aurait suffit à me mettre en rogne, ça m’a aussi plongé dans une drôle de mélancolie.
En général, je n’aime pas retourner dans mon passé. Surtout le français. Ca me ramène loin, très loin, au temps où j’étais maladroit, et aimé par les seules personnes qui en avaient le devoir ; ma famille. Moi exclu, vous noterez bien ce détail.
Et maintenant, alors que je commence à apprécier ce que je peux faire, ce que j’aime, et même ce que je n’aime pas, il faudrait que quelqu’un me tende un miroir pour mieux me remémorer ce que j’ai mis tant de temps à effacer, à modifier, à améliorer ? La guigne.
La goutte d’eau sur le gâteau, c’est qu’avant l’apparition funeste, j’ai eu un rêve qui ne l’est pas moins. Un rêve complètement débile, mais si réel. Même la cicatrice sur sa joue est restée inchangée.
A partir de quand peut-on juger avoir laissé son passé derrière soi ? Est-ce une appréciation personnelle, factuelle, ou bien plus obscure que ça ? J’ai peur de la réponse, qui malheureusement me semble imminente.