vendredi 22 février 2008

Enfance grisante

Aujourd’hui, en plus d’être le onzième anniversaire du clonage de Dolly (eh oui, ô lecteurices cultivés sans OGM, sur ce blog vous avez aussi l’occasion d’apprendre des trucs qui servent à rien, mais qu’il est toujours judicieux de glisser dans une conversation si un silence s’éternise. Ne me remerciez pas, le plaisir est pour moi), c’est aussi le jour où je me suis tapé une grosse honte en classe. Se taper la honte, c’est comme se cuiter la tronche à grands coups de Long Island Ice Tea ; on a beau être habitué, on s’y fait jamais, et ça surprend toujours.

A part ce petit incident, j’ai eu mon cours habituel du vendredi après-midi ; vous savez, le dernier de la semaine, celui pendant lequel on dirait que le gars qui s’occupe du temps qui passe se fout de notre gueule en changeant les secondes en minutes. Heureusement que c’est un cours intéressant.

Le sumie, c’est un art chinois, avec l’encre de la même provenance, un pinceau en bambou et poil de… je sais pas trop quoi, et papier canson. On y apprend à dessiner des branches, des tiges, des feuilles, des fleurs. C’est un peu comme apprendre une langue ; on repart à zéro, sans aucune base pour nous aider que celle de notre motivation. On retombe en enfance, à découvrir ce que nos mains peuvent faire de beau, ou de moins beau, c’est selon. J’ai déjà ressenti ça en débutant le japonais. Je ne pouvais absolument pas m’aider de ce que je connaissais déjà, parce que tout était tellement différent. Ben ici, même topo. N’empêche, s’il y avait une seule bonne raison pour apprendre une autre langue, ce serait cette étrange faculté de rembobiner le fil de son histoire pour tout recommencer avec d’autres mots, d’autres manières de s’exprimer, d’autres gens. C’est magique, et je ne m’en lasserai jamais.

A la dernière ligne tracée par mes doigts tremblants d’excitation, je prends du recul pour contempler mon jardin monochromatique. C’est fascinant quand même ce qu’on peut faire avec rien que de l’encre noir. On crée des nuances, on trace des forêts de bambou dignes des plus belles photos (sic). Ca me donne l’impression que même si le monde était juste en noir et blanc, il vaudrait quand même le coup.

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